Coupes budgétaires drastiques, licenciements massifs, censure de domaines de recherche, destruction de données… face aux menaces et attaques ciblées envers la recherche aux États-Unis, le site universitaire toulousain défend les libertés académiques et se fait terre d’accueil pour les chercheurs dont les travaux sont menacés. Avec le soutien de la Région Occitanie et de l’État, cette initiative ouvre une dizaine de premières possibilités d’accueil de chercheuses et chercheurs étatsuniens.
Les attaques contre la science se multiplient outre-Atlantique. La situation actuelle est plus grave encore que celle de 2017, où des collègues choisissaient déjà de quitter les États-Unis. Aujourd’hui, ce sont des pans entiers de la recherche scientifique qui sont menacés de disparaître, alors que la pensée rationnelle et la recherche de la vérité se doivent au contraire d’être au service d’une société responsable et d’un vivre-ensemble harmonieux.
Dans une recherche aujourd’hui mondialisée, le site toulousain, un acteur majeur dans plusieurs champs de recherche aujourd’hui menacés outre-Atlantique, ne peut accepter que ceux-ci soient fragilisés par une politique qui bloque volontairement les avancées de la science. Il en va aussi de l’avenir de la recherche mondiale.
Pour répondre à cette urgence, la communauté universitaire toulousaine a décidé d’agir. Les universités et les organismes nationaux de recherche sont interrogés par le Ministère pour recenser leurs dépendances stratégiques à l’égard des États-Unis dans le cadre de leurs activités de recherche, comme l’accès aux données produites ou utilisées en France, mais hébergées aux États-Unis. Nous travaillons à une réponse collective à l’échelle du site, en coordination étroite avec les pôles de recherche et les laboratoires.
Par ailleurs, en cohérence avec les priorités scientifiques du programme TIRIS (Toulouse initiative for research's impact on society), cofinancé majoritairement par l’État et la Région Occitanie, les dispositifs de ce programme d'accueil de chercheuses et chercheurs internationaux seront mobilisés.
Dans un premier temps, cette initiative permettra à une dizaine de chercheuses et chercheurs étatsuniens ou travaillant aux États-Unis, éventuellement accompagnés de leurs familles, de retrouver à Toulouse les moyens de poursuivre leurs recherches en toute sérénité dans les domaines menacés que sont les humanités, les sciences du climat, de la santé ou encore du spatial. Ces possibilités de financement seront ouvertes, dans le cadre des appels d’offre de TIRIS, aux post-doctorantes et post-doctorants et aux chercheuses et chercheurs, juniors ou seniors. Cela inclura un salaire et l’accueil dans des équipes de recherche de leur domaine. Un hébergement temporaire pourra leur être proposé, ainsi qu’à leur famille, à la Cité Internationale de l’Université de Toulouse.
Les unités de recherche ont d’ores et déjà été sollicitées pour identifier des collègues intéressés, via les pôles de recherche. Les premières candidatures pourront être déposées dès avril pour des arrivées à Toulouse dans le courant de l'année 2025. Des dispositifs complémentaires pourront voir le jour, notamment ciblés sur les postdoctorantes et postdoctorants dont les financements ont été stoppés aux États-Unis.
En articulation avec la dynamique européenne « Choose Europe », les établissements du site toulousain solliciteront les Alliances Européennes dont ils sont chefs de file ou partenaires afin d'amplifier cette action.
Un effort important pourra aussi être réalisé en direction des scientifiques qui souhaitent mettre à l'abri des données dont l’archivage pourrait être menacé. Le site toulousain possède des datacentres pouvant proposer un tel hébergement temporaire de données, en coordination avec les politiques nationale et européenne.
Avec cette démarche de solidarité envers nos collègues étatsuniens, les établissements d’enseignement supérieur et de recherche toulousains réaffirment les valeurs qu'ils défendent pour la recherche académique et continuent à se positionner comme une terre d’accueil pour la science en danger, offrant aujourd’hui une alternative concrète aux chercheuses et chercheurs des États-Unis menacés dans leur liberté d’exercer leur activité de recherche.
L'Université de Toulouse soutient également le mouvement Stand up for science, pour la défense des sciences et des libertés universitaires.